Les Nations Unies ont chargé le Finlandais Martti Ahtisaari d’élaborer un plan sur le futur statut du Kosovo qui doit être examiné le 26 mars par les membres du Conseil de sécurité. Il prévoit de facto une extraction du Kosovo de la Serbie : pour la première fois avec l’aval de l’ONU la souveraineté territoriale d’un État membre serait limitée sans l’accord de ce dernier.
Or, y compris du côté albanais, les propositions d’Ahtisaari ne rencontrent pas une approbation générale. De fait, le Kosovo ne doit pas devenir un État souverain mais une colonie de l’UE sous la tutelle d’un proconsul disposant de prérogatives illimitées (dont la possibilité d’annuler des lois du parlement kosovar, les décisions du gouvernement et le renvoi d’élus et de fonctionnaires). L’UE contrôlerait aussi le politique économique et monétaire du pays.
Concrêtement, cela signifie l’introduction encore plus poussée d’une « économie de marché libre » (rappelez-vous le projet de Constitution Européenne !). L’autorité onusienne gérant cette région jusqu’alors a déjà largement privatisé et bradé des entreprises publiques. Il est même arrivé que les privatisations soient imposées militairement contre les protestations de la population et des salariés comme pour la mine de Trepca où 800 soldats de la KFOR sont intervenus. Cette politique néolibérale a contribué à aggraver encore la situation sociale de la population.
L’UE s’apprête donc à prendre le relais de l’ONU et à gouverner par décret le Kosovo comme un simple protectorat. La politique étrangère de l’UE, avec des moyens certes inférieurs, n’a rien à envier aux démonstrations de force de la puissance américaine.